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Ce blog est celui de Musica, festival international de musiques d'aujourd'hui de Strasbourg
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2 oct 2012

THANKS TO MY EYES
Voyage, voyage

Si le festival Musica nous emmène régulièrement explorer des musiques expérimentales, inhabituelles et visuelles, il nous emmène aussi sur d'autres territoires. Au travers d'Accroche Note, mais aussi de quelques spectacles parfois programmés hors-les-murs. En 2012, l'opéra Thanks to My Eyes, tiré d'un livre écrit par Joël Pommerat qu'il a lui-même mis en scène et dont Oscar Bianchi a composé la musique, s'est exporté à la Filature de Mulhouse. Devait-on prendre le train ? Trouver un covoiturage ? Les habitués du festival le savent, il suffit de profiter des navettes mises en place par l'équipe. Ambiance colonie de vacances !

Place de l'étoile, les cinq bus sont garés et attendent leurs passagers, les hôtes et hôtesses récupèrent les tickets et font office d'animateurs. A 18h15, le premier bus où je suis installée ouvre la marche. Alors que le soleil descend nous prenons l'autoroute, c'est l'occasion pour les passagers de faire connaissance et de poser quelques questions à la team Musica.

Stilbé, notre cheftaine de choc explique l'origine de son prénom - mythologie grecque pour les curieux - on règle la climatisation, on échange sur le dernier spectacle vu au festival.
A l'approche de Mulhouse, nos trois hôtesses nous distribuent le livret du spectacle où l'on apprend que le chanteur Hagen Matzeit a été remplacé au pied levé pour cause de bronchite sévère. Son rôle a donc été partagé entre Guilhem Terrail, haute-contre et le comédien Philippe Carbonneaux, 48 heures avant le spectacle. « Alors ça, c'est un sacré défi » entend-on.

Les deux heures passent vite jusqu'à la Filature où la nuit tombe déjà. Avant le spectacle, on fait le tour dans le hall d'exposition, on boit un coup, certains cassent la croûte. Lorsque les portes s'ouvrent, on est un peu perdu, l'équipe de la Filature nous guide au risque sinon de se retrouver dans les vestiaires. Monica Guillouet-Gélys introduit l'opéra en prenant soin de prévenir le public du changement de dernière minute opérée dans la distribution, juste avant que Jean-Dominique Marco ne dissimule pas son plaisir de se retrouver dans sa ville natale.
Plongés dans le noir pendant quelques secondes, rien ne nous apparaît à part une petite lueur provenant du pupitre de Guilhem Terrail, on sent une petite tension vite oubliée lors que la lumière s'allume sur une scène métamorphosée en paysage montagnard. La division du seul personnage d'Aymar en un chanteur et un comédien est au début déroutante : est-il sa voix intérieure ? Les doutes sont vite dissipés par la prestance des comédiens-chanteurs. Une fable sur la relation père-fils interprétée par l'Ensemble Modern dont on discerne parfois les instruments.

Après le spectacle, on salue musiciens, acteurs, chanteurs, metteurs en scène et compositeurs avant de grimper dans les cars, les hôtesses nous avaient prévenus : on ne traîne pas trop. A l'entrée du bus, les avis vont bon train : « Tu as entendu ces voix, c'était magnifique ! » « Oh et la musique, sublime », « Ils sont vraiment très doués ces musiciens ». Surprise distribuée par l'équipe : un panier repas bien mérité.

Une impression d'un pique-nique géant sur roue où l'on y va chacun de sa petite compréhension du spectacle tout en croquant allègrement sa moricette. Les bouteilles d'eau tombent, on rit, on essaye de négocier des restes de madeleine en écoutant les dernières nouvelles venant du poste de radio du chauffeur. Les nouvelles ne sont pas bonnes, le budget a été voté. Mais un instant, on oublie le reste et on se laisse bercer par les doux remous du bus, par les discussions, les rires et l'atmosphère détendue. Comme en colonie !

Cécile Becker

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