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Ce blog est celui de Musica, festival international de musiques d'aujourd'hui de Strasbourg
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6 oct 2012

MARC MONNET
La musique pour le plaisir

En pleine répétition avec François-Frédéric Guy qui interprétera sa pièce En pièces - 1er livre, Marc Monnet prend un instant pour répondre à mes questions. Il n'a pas envie d'un café : "pas envie de boire" et préfère que l'on s'installe sur un banc en face de la salle de la Bourse. Entre temps, il doit décrocher son téléphone pour "organiser la venue de musiciens qui n'ont pas de chauffeurs, parce qu'eux ne travaillent pas le dimanche". Petit moment de vie sous un timide rayon de soleil.

Vous avez fait partie du conseil d'administration, fondateur de Musica, vous vous en souvenez ?
M.M. : Maurice Fleuret, à l'époque directeur de la musique au ministère de la Culture voulait créer un festival de musique contemporaine, Strasbourg a été choisie. Il m'a proposé de créer un axe Strasbourg/Rome, Musica avait donc lieu sous une double forme. J'ai sollicité Pierre Boulez pour faire un concert autour de Varese. Je m'en souviens car on avait fait monter un chapiteau de cirque sur le piazzale de la Villa Médicis. La volonté, lorsque le festival s'est monté, était de créer un nouveau public autour de ces nouvelles musiques.

Ça n'est pas étrange pour vous de venir à Musica alors que vous avez assisté à ses débuts ?
M.M. : Non, pas du tout. J'ai eu beaucoup de créations à Musica, je suis venu très souvent. J'aime bien venir, c'est une ville que j'aime beaucoup. Je suis content de voir que les formes du festival évoluent. Les institutions sont obligées d'évoluer car les publics évoluent, c'est valable pour tout, de toute façon.

Il paraît que vous adorez surprendre dans votre musique ?
M.M. : _(Rires) _Je ne sais pas si c'est une volonté de surprendre, mais l'invention est quelque chose de surprenant. La répétition m'insupporte, c'est exactement ce qui m'énerve dans les musiques actuelles, la musique est répétitive, se répète et se copie. A part quelques courants de groupe rock très hard que j'aime bien et qui ne sont pas dans le star system.

Il paraît aussi que vous cherchez l'érotisme dans la musique ?
M.M. : Alors ça, on pourrait en parler longuement, même si "érotique" est un terme galvaudé. Mais je parle surtout d'érotisme dans l'écriture, quelque chose de l'ordre du pulsionnel parce qu'avec ça, on créé un grand plaisir. La pratique est source de jouissance. C'est bien dit non ?

Oui !
M.M. : Et bien, ce n'était pas fait exprès. (Rires)

Certaines personnes que j'ai croisées m'ont dit que la musique contemporaine était stressante, vous êtes d'accord ?
M.M. : Alors à ce moment-là, ça peut être valable pour du Beethoven ou du Stravinsky, mais je ne crois pas que c'est du stress, c'est juste une manière différente d'aborder la musique. Ce qui peut faire dire ça, c'est que l'auditeur, effectivement, n'a pas l'habitude d'écouter ce genre de musiques. Il doit sûrement s'en faire une conception préalable, alors, forcément il est déstabilisé.

Pourquoi regardez-vous le conservatoire en disant cela ?
M.M. :**Je regarde l'architecture et c'est peut-être bête mais je fais un parallèle avec votre question. L'architecture du bâtiment n'est vraiment pas conventionnelle, je suis sûre que des gens ont réagi : pourquoi cette aile ? Mais moi, je trouve que l'architecte a très bien fait son travail, c'est Gaudin non ? (J'opine du chef). Il y a des contradictions dans les formes, il ne laisse pas les choses en place. Finalement, ce n'est pas ça la musique ? Alors pourquoi pas la musique contemporaine ?

C'est vrai...

Cécile Becker

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